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Christian Magnan Collège de France, Paris Université de Montpellier II |
Supposons que je vous envoie des balles à intervalle régulier, intervalle de temps que nous noterons
La distance supplémentaire qu'une balle doit parcourir par rapport à la précédente est la distance que vous allez couvrir (vous, le récepteur) dans l'intervalle de temps qui sépare la réception de la première balle et la réception de la deuxième. Nous conviendrons d'appeler
Écrivons alors que la distance totale parcourue par la deuxième balle pendant le temps
| c Trec = c Tem + v Trec . | (1) |
Nous en déduisons :
| Trec = Tem / [1 - (v/c)] . | (2) |
La vitesse v peut être positive (vous vous éloignez, comme dans le raisonnement) ou négative (dans ce cas vous vous rapprochez). On constate que si vous vous éloignez à une vitesse supérieure à la vitesse des balles c, vous ne recevez plus aucune balle (algébriquement, Trec tend vers l'infini quand v tend vers c et si v augmente encore la formule (2) n'a plus de sens).
Supposons que ce soit moi maintenant qui me déplace, en m'éloignant de vous à la vitesse v. Les balles seront plus espacées les unes des autres car pendant le temps Tem qui sépare deux lancers, j'aurai reculé de la distance
| Trec = Tem ( c + v ) / c | (3) |
ou
| Trec = Tem [ 1 + (v / c ) ] . | (4) |
L'effet Doppler est l'effet décrit par les formules (2) et (4). Il correspond au changement de période (et donc de fréquence, la fréquence étant l'inverse de la période) que subit un phénomène périodique quelconque (onde sonore, onde lumineuse, etc) lorsque la distance entre l'émetteur et le récepteur varie. En astronomie on s'intéresse au changement de fréquence de la lumière lorsque l'astre émetteur s'éloigne (cas fréquent, d'où la convention de signe adoptée) ou se rapproche.
Si l'on tient compte des effets relativistes, les formules (1) à (4) sont à modifier et conduisent à une seule formule, symétrique par rapport à l'émetteur et au récepteur, de sorte qu'il n'est plus besoin de préciser qui se déplace (ce qui est rassurant en relativité puisque celle-ci a précisément été conçue dans ce but !). Nous avons vu en effet dans un autre encadré que les horloges ralentissent dans le repère en mouvement, ce qui rend les temps mesurés plus courts du fameux facteur
| Trec = Tem ( 1 + β ) / ( 1 - β 2 ) ½ . | (5) |
où
| β = v / c . | (6) |
En utilisant maintenant la longueur d'onde du rayonnement, on peut écrire le rapport de la longueur d'onde reçue
| λrec / λem = ( 1 + β ) / ( 1 - β 2 ) ½ . | (7) |
Lorsque la vitesses relative de déplacement de la source et du récepteur est petite par rapport à la vitesse de la lumière, c'est-à-dire lorsque
1
| λrec / λem = 1 + β , | (8) |
équivalente à
Δ
λ / λ =
β v / c
,
|
(9) |
où
Une dernière précision : d'après le raisonnement, l'effet Doppler ne résulte que de la variation de distance entre source et récepteur et ne fait donc intervenir que la composante
| λrec / λem = [ 1 + ( vrad / c ) rec ] / [ 1 - ( v / c ) 2 ] ½ . | (10) |
La théorie esquissée dans cette annexe ne prétend pas épuiser le sujet de l'effet Doppler. Pour résoudre entièrement le problème, il faut en passer par les formules de changement de repères de la relativité (qu'on appelle les transformations de Lorentz ). Pour illustrer le caractère abstrait du formalisme mis en oeuvre et l'impossibilité de le remplacer par de simples raisonnements physiques indiquons par exemple que si on exprime les angles (et donc la vitesse radiale) dans le repère de l'émetteur (l'étoile), la formule (10) devient :
| λrec / λem = [ 1 - ( v / c ) 2 ] ½ / [ 1 - ( vrad / c ) em ] . | (11) |
C'est une simple question de calcul ! Pas seulement de bon sens...
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D'après un extrait du livre de Christian Magnan, La nature sans foi ni loi, Éditions Belfond/Sciences (1988) |
Dernière mise à jour : 6 septembre 2007 |
Questions de cosmologie
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