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Le ciel de février 2007

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la comète
La comète McNaught

 

 

Bonjour à toutes, bonjour à tous !

 

La fameuse COMÈTE McNAUGHT (que certain-e-s d'entre nous ont eu le bonheur d'observer début janvier) est partie se pavaner dans l'hémisphère sud (heureuses habitantes de l'autre hémisphère) sans espoir de retour. Restent les photos époustouflantes de la comète la plus brillante de ces cinquante dernières années, remarquable en particulier par la forme de son abondante chevelure ("comète" vient du grec "kometes", chevelu), avec notamment des stries régulières dont la présence n'avait pas été prévue par la théorie. (Comme quoi la nature sait accoucher sans douleur de choses que la théorie a les pires difficultés à bricoler...)
Allez vous rincer les mirettes sur la vingtaine de pages de photos fa-bu-leu-ses rassemblées sur le site
http://www.spaceweather.com/comets/gallery_mcnaught_page20.php

Si notre comète est devenue invisible à nos yeux le spectacle que le ciel nous offre est permanent ce mois-ci avec la présence des trois astres les plus brillants du firmament: Vénus le soir, Jupiter le matin, Sirius pendant une grande première partie de nuit.

Régalons-nous donc d'abord avec la planète VÉNUS, LE SOIR, sur l'horizon ouest-sud-ouest, éclatante de lumière avec sa magnitude -4 et bien visible dès que le Soleil s'est couché. Pour moi la scène la plus merveilleuse du mois sera jouée le soir du LUNDI 19 FÉVRIER 2007 lorsqu'un fin CROISSANT DE LUNEse glissera à côté de notre belle planète. L'apparition magique de la lumière cendrée au fur et à mesure que le jour s'efface et la luminosité exceptionnelle des deux astres sont vraiment impressionnantes (ceux et celles qui ont admiré le rapprochement du samedi 20 janvier dernier peuvent en témoigner). Bonus: vous avez sans doute remarqué que le croissant de Lune est tantôt virgule (plutôt vertical) tantôt sourire (plutôt horizontal). Je vous laisse la surprise de découvrir si le ciel nous gratifiera d'un signe de ponctuation ou d'un signe de douce complicité   sourire

Voici  maintenant en liaison avec Vénus pour LE SOIR DU MERCREDI 7 FÉVRIER une observation délicate à réaliser mais qui peut rapporter gros, à savoir le plaisir de découvrir URANUS. A cause de son faible éclat (magnitude 6) seuls les observateurs confirmés savent où trouver cette planète gazeuse géante, la première à avoir été découverte dans les temps modernes (en 1781, par William Herschel) au-delà de Jupiter. Or il se trouve que le soir du 7 février elle se situera juste à côté de Vénus, à une distance angulaire de seulement 40', ce qui permettra de la repérer facilement. Cependant il vous faudra impérativement utiliser des jumelles pour la voir et seul un instrument avec un grossissement de l'ordre de 40 au minimum vous permettra de distinguer la couleur bleu-vert d'un disque assurément minuscule.

JUPITER, LE MATIN, au-dessus de l'horizon sud-sud-est, avec une luminosité confortable (magnitude -2) pourrait être confondue avec Vénus... d'autant que la planète géante est assez basse dans le ciel (comme c'est souvent le cas pour Vénus). Si vous voulez vérifier qu'il s'agit bien de Jupiter, prenez une paire de bonnes jumelles (par exemple des 10x50 grossissant 10 fois), pensez à Galilée qui a observé l'astre le premier il y aura 400 ans en 2009 (année décrétée "année mondiale de l'astronomie" pour cette raison) et constatez que le globe jovien est entouré de quelques satellites (quatre s'ils sont tous visibles). À travers un instrument astronomique, même à faible grossissement, vous découvrirez en outre des bandes nuageuses sur le disque planétaire et remarquerez un assez fort aplatissement dû à la forte rotation de planète reine (Jupiter tourne sur elle-même en moins de 10 heures, ce qui implique tout de même des vitesses équatoriales de l'ordre de presque 13 kilomètres par seconde).

Enfin, février est le mois de SIRIUS, l'étoile la plus brillante du ciel (avec une magnitude de -1,4), présente au sud dès le début de nuit et passant au plus haut dans le ciel vers 22h. Cette étoile célèbre depuis des millénaires, servant notamment de repère de temps dans l'ancienne Égypte, est très lumineuse parce qu'elle est très proche de notre Soleil,  à une distance de seulement 8,6 années de lumière, une misère à l'échelle du monde stellaire. A cause de cette proximité elle se déplace parmi les étoiles avec un mouvement angulaire exceptionnel d'environ deux minutes d'arc par siècle, l'un des plus forts enregistrés. De même sa distance au Soleil varie également en valeur relative beaucoup plus que pour des étoiles lointaines et personnellement je trouve fascinant de penser que notre Sirius témoigne des mouvements complexes des étoiles à travers notre galaxie (à condition tout de même de compter en millénaires). Sirius et le Soleil appartiendraient à un même courant d'ensemble contenant les étoiles de la Grande Ourse et leur rapprochement actuel ne date que de deux millions d'années environ, un rien à l'échelle galactique puisque Sirius et le Soleil font un tour de galaxie en quelque 250 millions d'années. En somme, avec Sirius nous "voyons" les mouvements incessants et gigantesques dont notre Voie Lactée est animée. Dans deux cents mille ans, ce sera encore l'étoile la plus brillante du ciel, mais elle se sera bien éloignée de la constellation d'Orion et cédera bientôt sa place de superstar à Véga. (D'accord! nous ne serons plus là pour vérifier ces prévisions un peu divinatoires sourire Conclusion: profitons de Sirius tant que l'étoile est encore là...

En passant à la rubrique "QUELLE EST CETTE ÉTOILE À CÔTÉ DE LA LUNE?" rappelons encore que, vues de la Terre, en plus des planètes ce sont toujours les mêmes étoiles qui sont susceptibles de côtoyer le satellite que la nature nous a donné, à savoir les étoiles situées dans la ceinture de l'écliptique (là où se produisent les "éclipses" et les conjonctions planétaires), zone contenant les constellations du zodiaque. Vous vous souvenez de la raison de cet état de fait: le système solaire s'est formé dans un immense disque aplati par sa rotation de sorte que, situés dans un même plan, planètes et Soleil sont vus depuis la Terre en projection sur le ciel dans la même bande étroite du ciel. Comme nous le disons (et voyons!) tous les mois, la Lune va traverser Taureau, Gémeaux, Cancer, etc.
Passons aux travaux pratiques!

Dans la NUIT DU VENDREDI 2 AU SAMEDI 3 FÉVRIER, premier rapprochement exceptionnel avec SATURNE. Levez les yeux vers une pleine Lune qui sera accompagnée de la perle saturnienne  (et qui, comme toute PL honnête, se lèvera quand le Soleil se couchera). Malgré la luminosité de la Lune, Saturne sera sans doute bien visible car elle passe en ce moment à l'opposition (la preuve vous en est donnée: elle est en position de Pleine Lune!) et donc au plus près de la Terre en atteignant son éclat maximum de l'année. Au cours de la nuit, la Lune se rapproche de Saturne, et frôlera la planète aux anneaux vers 24h. Un spectacle magnifique à ne pas manquer et à observer plutôt aux jumelles ou dans un instrument de faible grossissement pour augmenter la quantité de lumière récoltée sur la planète. Des instruments modestes permettent même de voir le fameux satellite Titan dont on parle tant (sur lequel a récemment atterri la sonde Huygens).

Au petit MATIN DU JEUDI 8 FÉVRIER, deux heures avant le lever du Soleil, notre chère SPICA, étoile d'un blanc-bleu éclatant, astre principal de la Vierge (c'est bien dans le zodiaque!), coiffe gentiment la Lune sur l'horizon sud. Si les déesses météorologiques nous accordent leur faveur.

Après le spectaculaire passage près de Vénus du lundi 19 février (voir ci-dessus), la Lune à son premier quartier sera dans la constellation du Taureau dans la NUIT DU VENDREDI 23 AU SAMEDI 24 FÉVRIER. Comme cela s'est produit en décembre 2006, la Lune va passer devant l'amas des PLÉIADES et en cachera successivement plusieurs étoiles. Pour profiter au mieux de la scène, il est préférable d'utiliser des jumelles, fixées sur un pied bien entendu. En plus, moi, je m'assois sur une chaise. C'est plus confort pour admirer le ballet des disparitions/apparitions derrière le disque lunaire, particulièrement magique derrière sa partie non éclairée.

Enfin, n'oubliez pas de consulter les horaires de passage de la STATION SPATIALE INTERNATIONALE. Que ce soit à Montpellier, Paris ou Nantes, j'ai noté qu'il y a durant ce mois de février des passages particulièrement remarquables. C'est le moment de se souvenir que plus la magnitude est petite (algébriquement!) plus l'éclat est grand. Dans la deuxième colonne  "Mag" les passages les plus brillants correspondent à des nombres négatifs (comme un beau -0,9 ou un chouette -0,7). Voir
http://www.heavens-above.com/
et n'hésitez pas à me contacter si vous avez des problèmes pour vous connecter sur ce site.

Enfin de enfin, j'oubliais MERCURE, ma chère planète à la fois modeste et flambante. Elle traverse sa meilleure période de visibilité de l'année et se laisse trouver le soir en-dessous de Vénus. Avec des jumelles, et un horizon ouest dégagé de tout obstacle, il est facile de la trouver (... si les déesses citées plus haut sont sympa) et il sera possible de l'observer jusqu'en milieu de mois (ensuite elle traversera le champ LASCO C3 de la sonde SOHO du 19 au 27 février, voir
http://soho.nascom.nasa.gov/data/realtime/c3/512/
La présence de cette petite perle parmi les douces couleurs du Soleil couché est féerique.

Bonnes nuits sous les étoiles
Christian
Et merci de votre fidélité   sourire