Page d'accueil du site
de Christian Magnan

 
Le ciel du mois (par Christian Magnan)

Nota : si vous désirez mettre ce "ciel du mois" en favori utiliser l'adresse
http://www.lacosmo.com/lecieldumois/lecieldumois.html
La page ainsi adressée vous redirigera automatiquement vers le mois en cours  

LIENS


Page d'accueil du GRAAL


L'image astronomique du jour


Astronomy Picture of the Day


Le Soleil en direct de SOHO


Le Guide du Ciel


Ciel des Hommes


Images célestes


Le ciel au-dessus de nos têtes (en anglais)

aide à la connexion


Actualité de l'environnement Soleil-Terre (en anglais)


Sky and Telescope (en anglais)


ANPCNE : Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l'Environnement Nocturnes


Le ciel de mars 2012

au jour le jour

le chiffre du mois

version imprimable du mois en cours   imprimante
Archives :

Le ciel de 2006 : | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre | décembre |
Le ciel de 2007 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre| décembre
Le ciel de 2008 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre | début décembre | décembre
Le ciel de 2009 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet| août| septembre | octobre | novembre | décembre
Le ciel de 2010 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin| juillet | août | septembre | octobre | novembre | décembre
Le ciel de 2011 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre | décembre
Le ciel de 2012 : | janvier | février

Encelade
Encelade
(satellite de Saturne)

 

 

Bonjour à toutes, bonjour à tous !

 

Le ciel de mars 2012 ne s’annonce pas triste : à nous d’en profiter. Mars passe fièrement à l’opposition, Jupiter et Vénus entrent allègrement en conjonction, et de vrais soirs de fête illuminent la fin du mois!

Tout d’abord il est encore temps de saisir la chance que vous offrent les premiers soirs du mois pour (re)découvrir MERCURE. Cette planète étant la plus proche du Soleil, elle est facilement noyée dans la lumière de ce dernier et de ce fait souvent invisible à l’œil nu (une fausse légende raconte que Nicolas Copernic ne l’aurait jamais vue). Depuis la mi-février s’est ouverte sa meilleure période d’observation de l’année comme "étoile du soir". L’astre est bien visible sur l’horizon ouest-sud-ouest une quarantaine de minutes après le coucher du Soleil (soit vers 19 heures à Montpellier). Personnellement je me sers de jumelles pour repérer Mercure plus facilement et mieux bénéficier de cette minuscule perle perçant sur un fond de ciel empli des couleurs du couchant. Le LUNDI 5 MARS 2012 elle sera à sa plus grande élongation à l’est du Soleil, à un peu plus de 18 degrés de distance apparente. Comme au moment du coucher du Soleil Mercure est grossièrement à la verticale de ce dernier (c’est le fameux redressement de l’écliptique dont nous avons parlé les mois précédents), notre fière planète va se trouver visible à une dizaine de degrés au-dessus de l’horizon. Cependant  Mercure se mérite et la voir reste un défi : il faut être à l’heure, disposer d’un horizon dégagé, d’un ciel clair et de l’absence de pollution lumineuse trop prononcée. À partir du 11 mars l’éclat de la planète décroît fortement car la portion éclairée de son disque diminue, Mercure se préparant à passer devant le Soleil (on parle de "conjonction inférieure") le 21.

Depuis le temps que nous l’attendions l’événement finit par arriver : le SAMEDI 3 MARS la PLANÈTE MARS passe à l’opposition. Cela signifie que sa position apparente, depuis la Terre, est opposée à celle du Soleil, de sorte que la planète se lève pratiquement au coucher du Soleil. Dans l’espace Mars, la Terre et le Soleil sont alignés, la Terre se trouvant entre les deux autres. Sur un petit schéma il est facile de voir que dans cette configuration Mars est au plus près de la Terre. Si les orbites des planètes étaient rigoureusement circulaires, la distance entre la Terre et Mars serait égale à la différence des rayons des orbites. Mais comme la perfection n’est pas de ce monde (euphémisme), et que les orbites sont plutôt elliptiques, la distance de Mars varie d’une opposition à l’autre. Celle de 2012 n’est pas terrible puisque Mars passe au plus près de la Terre à une distance de 100 millions de kilomètres, deux fois plus loin que lors de l’opposition spectaculaire d’août 2003. Remarquons que la lumière met tout de même 5,5 minutes pour parcourir une telle distance, à la vitesse de 300 mille kilomètres par seconde. La planète rouge, ce n’est pas la porte à côté, et notre civilisation du vingt et unième siècle (qui produit encore son électricité en faisant bouillir de l’eau) est incapable d’y amener un être humain vivant.

Observationnellement parlant, MARS brille intensément vers l’est dès la nuit tombée. Elle se distingue des étoiles du secteur par sa vive couleur orangée et la stabilité de son éclat. Elle se situe toujours dans la fameuse CONSTELLATION du LION, sous le corps du fauve. On repère facilement RÉGULUS, l’étoile la plus brillante du groupe, à la base du point d’interrogation inversé gauche-droite dessinant la tête et la partie avant du corps. Nous aurons le MERCREDI 7 MARS la preuve que la planète rouge est à l’opposition en contemplant la présence à ses côtés de la PLEINE LUNE (donc elle est bien en position de Pleine Lune!). On pourra admirer le vaste triangle à peu près équilatéral formé par Mars, Régulus et la Lune. Et apprendre aussi que les messages annonçant périodiquement la présence de deux lunes dans le ciel avec une Mars aussi brillante que la Pleine Lune relèvent de la plus haute fantaisie (même pas drôle). Je précise encore que si Mars entame une période très favorable d’observation, distinguer des détails sur sa surface n’est possible qu’avec des instruments de très bon niveau et des grossissements d’au moins deux cents fois. Dans de telles conditions la turbulence atmosphérique est insupportable et les astronomes amateurs doivent s’armer de patience pour profiter des instants où les images se stabilisent ou alors recourir à la photographie numérique. Comme quoi s’émerveiller en contemplant simplement Mars à l’œil nu est jouable. Les observateurs attentifs pourront remarquer que la position de Mars change par rapport aux étoiles de semaine en semaine, la planète se rapprochant du corps du Lion et de Régulus. Autrement dit Mars se déplace vers l’ouest (vers la droite), contrairement à son mouvement habituel vers l’est. La raison de ce comportement réside justement dans le passage de Mars à l’opposition, lequel s’accompagne toujours d’une rétrogradation de la planète.

Continuant son circuit mensuel le long de l’écliptique, la Lune ira rendre visite au duo SATURNE-SPICA le SAMEDI 10 MARS. Quelle est cette étoile que la Lune gibbeuse porte sur la tête en se levant ? Il s’agit de Spica, l’étoile la plus brillante de la constellation de la Vierge, à côté de laquelle se trouve Saturne depuis des mois. Le repérage de ce duo est d’ailleurs un moyen de reconnaître Saturne, à gauche de Spica, astre d’éclat plus stable et plus coloré. Le triangle formé par la Lune, Spica et Saturne s’étire au cours de la nuit et à l’aube du dimanche 11 devient quasiment équilatéral.

Autour du MARDI 13 MARS se produit l’événement tant désiré : la CONJONCTION entre VÉNUS et JUPITER. Plus proche de la Terre, Vénus circule plus rapidement sur la voûte céleste et à force de se rapprocher de Jupiter va la doubler pour passer au-dessus. Les deux planètes seront assez proches l’une de l’autre, à moins de trois degrés d’écart, et de ce fait visibles dans un même champ de jumelles. Un phénomène à ne pas manquer, d’autant plus que les astres sont si brillants qu’on pourra les voir même au centre d’une ville (à condition de viser le long d’une avenue convenablement orientée vers l’ouest!). La configuration reste très attrayante plusieurs soirs autour de cette date. L’irrésistible ASCENSION de VÉNUS se poursuit au cours du mois, la planète atteignant sa plus grande élongation le 27 à 46° de distance angulaire. À signaler que l’aspect de Vénus à travers un instrument devient intéressant à partir de cette époque car son diamètre apparent va augmenter et le disque prendre la forme d’un premier quartier destiné à évoluer vers un croissant de plus en plus mince. Cette transformation est due au fait que Vénus se prépare à passer entre la Terre et le Soleil, traversant même le disque solaire, le 6 juin prochain (Vénus se trouvant  alors en position de Nouvelle Lune). Ainsi en même temps que la planète se rapproche de la Terre, la portion visible de la partie éclairée de son disque diminue. Magique à travers un petit instrument de qualité.

Les fêtes du ciel, dans l’air devenu printanier, sont pour les soirs du DIMANCHE 25 au MARDI 27 MARS, une bonne heure après le coucher du Soleil. À ne surtout pas manquer! Après la Nouvelle Lune du jeudi 22, le croissant lunaire déjà bien formé et magnifiquement orné de sa lumière cendrée rend visite à JUPITER le dimanche 25, VÉNUS le lundi et les PLÉIADES le mardi. Ces soirées sont vraiment exceptionnelles et méritent qu’on s’éloigne un peu des lumières citadines afin de profiter d’un ciel noir et dégagé et de mieux voir les étoiles. Cela est vrai surtout du passage près des Pléiades, qui ne sont visibles à l’œil nu que dans un ciel sombre. Si vous possédez un petit instrument, ou de simples jumelles, vous pourrez observer lundi 26 le croissant de Lune et sa lumière cendrée à côté du premier quartier vénusien dans le même champ de vision. Enfin le SAMEDI 24 et même dès le vendredi 23, vous pourrez vous amuser à débusquer au-dessus du Soleil couché depuis une trentaine de minutes un croissant lunaire d’une minceur surréaliste (jumelles conseillées!) : surprise garantie, j’en suis témoin. Comme le mois dernier, le croissant de Lune se présente sous la forme d’un beau sourire, ce qui n’est pas si fréquent sous nos latitudes: mais c’est tellement charmant.

Imaginons maintenant la Terre tournant sur elle-même autour de son axe de rotation comme le ferait une toupie et effectuant sa révolution autour du Soleil dans le plan de l’écliptique, que nous visualisons comme "horizontal". À un mouvement dit de précession près l’orientation de cet axe de rotation est fixe par rapport aux étoiles, mais comme la Terre tourne autour du Soleil, l’axe en question  pointe différemment vers le Soleil selon l’époque de l’année. Au solstice de décembre l’axe pointe son côté sud vers le Soleil, au solstice de juin il pointe son côté nord (et c’est alors le début de l’été dans l’hémisphère nord). Entre ces deux dates, en mars et en septembre, l’axe est vu de profil depuis le Soleil au moment de l’ÉQUINOXE. Le plan "vertical" qui contient cet axe est perpendiculaire à la direction Soleil-Terre et coupe la Terre selon un grand cercle passant par les deux pôles. C’est ce qui se produira le MARDI 20 MARS à 6h14. Cet équinoxe marque le début du printemps dans l’hémisphère nord et celui de l’automne dans l’hémisphère sud. Ce jour-là le Soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest partout sur la Terre et la durée de la nuit est égale à celle du jour (aux corrections près dues à la réfraction atmosphérique). Puis au fil des jours le Soleil se lèvera de plus en plus vers le nord, culminera plus haut à midi, de sorte que la durée des jours augmentera. Jusqu’au solstice de juin prochain.

Cet équinoxe de mars s’accompagne d’une détestable coutume, celle de changer d’heure, décision que je désapprouve fermement pour son inutilité et son incommodité. À partir du DIMANCHE 25 nous serons donc en avance de deux heures sur le "temps universel" de référence. Mes lecteurs savent que je plaide pour rester une bonne fois pour toutes à l’heure ainsi retenue, dite d’été, pour la bonne raison que notre vie civile est calée sur 8 heures-20 heures (de 8 à 8 plutôt que de 6 à 6), avec un milieu de journée à 14 heures, milieu qu’il serait logique de faire coïncider avec le midi solaire, ce qui est précisément la définition de l’heure d’été. Faites attention de ne pas tomber en montant sur votre escabeau pour changer l’heure de l’horloge murale.

En bonus du mois nous pouvons tenter notre chance avec les ÉTOILES FILANTES de l’essaim des VIRGINIDES, lesquelles semblent provenir de la constellation de la Vierge, déjà repérée avec Spica et Saturne. Le maximum d’activité est prévu pour la nuit du SAMEDI 24 au DIMANCHE 25. Deux éléments jouent en leur faveur : elles sont relativement lentes et très brillantes avec des traînées persistantes et apparaissent cette année dans un ciel sans lune gênante.

LE CHIFFRE DU MOIS : 16 heures 40 minutes. C’est le temps qu’il faut à un signal radio émis par la sonde Voyager 1 pour parvenir  à la Terre (en bref Voyager 1 se trouve à 16h40mn de lumière). Il s’agit du satellite le plus lointain de ceux qu’a envoyés l’homme dans l’espace. Il a été lancé en 1977 et se trouve à la limite du système solaire, à plus de cent fois la distance de la Terre au Soleil (soit quelque 15 milliards de kilomètres). La dimension du système solaire est inconcevablement grande.

Bonnes nuits sous les étoiles
Christian

MARS 2012 AU JOUR LE JOUR
Le soir à l’ouest : Vénus poursuit son ascension dans le ciel, se rapproche de Jupiter et passe au-dessus vers le mardi 13
Jusqu’au dimanche 11 : suivre Mercure
Le soir à l’est : le lever de Mars de plus en plus tôt au fil des jours, suivi quatre heures plus tard par celui du duo Spica-Saturne
Samedi 3 : Mars en opposition avec le Soleil
Lundi 5 : Mercure à sa plus grande élongation
Mercredi 7 : Mars à côté de la Pleine Lune
Jeudi 8 : Pleine Lune
Samedi 10 : la Lune coiffée de Spica à côté de Saturne
Autour du mardi 13 : splendide conjonction de Vénus et Jupiter
Du vendredi 16 au mardi 20 : le croissant lunaire du matin
Mardi 20 : équinoxe de mars
Jeudi 22 : Nouvelle Lune et nuits noires autour de cette date
Vendredi 23 et samedi 24 : un très mince croissant de Lune du soir
Nuit du samedi 24 au dimanche 25 : maximum d’activité des Virginides
Dimanche 25 : ##{[|@@& changement d’heure (à 2h il sera 3h)
Du dimanche 25 au mardi 27 : rencontres spectaculaires du croissant de Lune avec Jupiter, Vénus puis les Pléiades
Mardi 27 : Vénus à sa plus grande élongation à 46° du Soleil

   

Mes sources d'information