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de Christian Magnan

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Le ciel d'octobre 2006

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Le ciel de 2006 : | avril | mai | juin | juillet | août | septembre |

ciel tournant
Ronde des étoiles autour
du pôle céleste sud

 

 

Bonjour à toutes, bonjour à tous !

 

Les planètes visibles à l'oeil nu désertent ce mois-ci le ciel du soir mais SATURNE revient en force dans le ciel du matin, se levant de plus en plus tôt avant le Soleil et se montrant de plus en plus haut sur l'horizon sud-est. Mais où sont donc passées nos planètes ? Malgré leur discrétion apparente, ouvrons avec elles le mois en fanfare en nous connectant sur l'image du coronographe LASCO C3 du satellite SOHO

Vénus sur SOHO
http://soho.nascom.nasa.gov/data/realtime/c3/512/

pour y découvrir la tache prodigieusement lumineuse de la planète VÉNUS.  L'astre  brillant  sur la gauche est MARS. Ces deux soeurs de la Terre restant dans le champ de SOHO tout le mois, vous pourrez y suivre leur cheminement, Mars passant derrière le Soleil le 23 octobre et Vénus le 27 (on parle d'une "conjonction" supérieure). Une belle étoile dont nous avons souvent parlé, SPICA de la Vierge, plus brillante que la planète Mars, apparaîtra dans l'instrument, sur la gauche, le LUNDI 9 OCTOBRE.

Comment trouver la planète aux anneaux, SATURNE, le matin, au sud-est ? Son repérage n'est pas immédiat car, bien que d'un bel éclat, elle peut être confondue avec les étoiles brillantes voisines. Le ciel du matin est magnifique car c'est en avant-première l'image d'un ciel d'hiver, avec au sud l'incomparable constellation d'ORION dont l'immense rectangle abrite les fameuses trois étoiles alignées (le baudrier), bien reconnaissables, constituant la barre inclinée d'un T majuscule. Plus bas sur la gauche, SIRIUS l'étoile la plus brillante du ciel nous salue comme une proche voisine puisque la lumière que nous percevons aujourd'hui a été émise il y a seulement neuf ans. Plus haut sur la gauche d'Orion voici les deux étoiles d'éclat à peu près identique Castor et Pollux des GÉMEAUX, superposées verticalement.  La Saturne que nous recherchons n'est pas loin. En descendant des Gémeaux on trouve sur la droite une étoile bien brillante PROCYON et sur la gauche, à peu près symétriquement, la planète Saturne. Plus bas que Saturne, sur la gauche, on trouve enfin REGULUS, du Lion, astre à peine moins brillant que Saturne.
Aidez-vous si nécessaire de cette carte du ciel pour vous y retrouver...

ciel d'hiver

ou consulter
http://www.leguideduciel.net/ephemerides/cartesduciel.php

Pour réviser la "leçon", la Lune est là pour nous servir de guide car son magnifique croissant va traverser cette région du ciel du LUNDI 16 au MERCREDI 18 OCTOBRE 2006. Le 16 il sera au-dessus de Saturne puis rencontrera Regulus le 17. Remarquez de matin en matin la diminution de l'épaisseur du croissant et le renforcement simultané de la LUMIÈRE CENDRÉE (le clair de Terre sur la Lune). Beau, tout simplement. A admirer deux heures avant le lever du Soleil, disons vers 6 heures à Montpellier.
Le JEUDI 19 et le VENDREDI 20 OCTOBRE le croissant est encore repérable, une heure avant le lever du Soleil, et l'orientation du croissant, tel un gracieux et énigmatique sourire au-dessus des lueurs colorées de l'aube, contribue à l'attrait de la scène.

Subtilités de la géométrie des mouvements célestes, après la nouvelle Lune du 22 octobre, les croissants lunaires de la Lune montante, visibles le soir, auront non plus l'apparence d'un sourire posé sur l'horizon mais celle d'une virgule géante quasi verticale contenant sur sa gauche une timide lumière cendrée. Essayez de profiter de ce délicieux spectacle une demi-heure après le coucher du Soleil, en fin de mois, les soirs du MERCREDI 25 et JEUDI 26 OCTOBRE, vers un horizon sud-sud-ouest bien dégagé.

Les matins de début de mois, la Lune, plus grosse, sera passée le MARDI 10 OCTOBRE tout près des PLÉIADES (à voir aux jumelles pour compenser l'éclat de la Lune), le MERCREDI 11 près de CASTOR et POLLUX, et le DIMANCHE 15 OCTOBRE à côté de l'AMAS DE LA CRÈCHE (à nouveau jumelles nécessaires pour voir cet essaim que les anglais appellent "la Ruche", Beehive) dans la constellation du Cancer.

Ce mois d'octobre marque l'arrivée des constellations d'hiver. Le signe le plus manifeste en est le lever de plus en plus précoce (vers 21h15 en début de mois) de l'amas emblématique des PLÉIADES sur l'horizon est-nord-est, qui mène le cortège des constellations du Taureau, Gémeaux, Orion, Grand Chien, Petit Chien, etc.

Les AMAS STELLAIRES, outre leur beauté intrinsèque, sont d'une importance capitale en astronomie. Ce sont des ensembles d'étoiles qui ne sont pas rassemblées fortuitement sur le ciel mais sont au contraire physiquement liées par la gravitation. Les étoiles d'un amas sont nées en même temps au sein d'un immense nuage de matière interstellaire et ont par conséquent toutes le même âge. Or on constate que les étoiles d'un amas n'ont pas toutes le même degré d'évolution. Comment cela se fait-il ? Des étoiles de même âge peuvent manifester des états d'évolution différents parce que la rapidité d'évolution dépend en premier lieu de la masse de l'étoile. Les lois de la physique indiquent qu'une étoile massive vieillit plus vite qu'une étoile de plus faible masse parce qu'elle consomme proportionnellement plus d'énergie. Ainsi, indication importante, la proportion d'étoiles évoluées (ce sont aussi les plus brillantes) au sein d'un amas donne une idée de l'âge de cet amas. Et c'est ainsi que les amas stellaires servent à étalonner les échelles de temps dans l'Univers. Un amas est appelé à se disperser. Savez-vous que les étoiles de la Grande Ourse appartiennent sans doute à un même amas initial, aujourd'hui dispersé, et dont ferait partie Sirius ? Le Soleil serait en train de traverser ce reste d'amas, juste par hasard!

Profitons-en : c'est justement la saison pour admirer les amas notoires de notre voisinage. D'abord donc les PLÉIADES, dans la constellation du Taureau, objet d'une beauté... céleste, remarquable par les nébulosités qui entourent encore de nos jours les étoiles, bien visibles sur les photos de l'amas, comme sur
http://astrophotography.aa6g.org/Tricolors/pleiades.jpg
La présence de ces nébulosités, traces de la masse gazeuse primitive, témoigne de la relative jeunesse de cet amas : il est âgé d'environ cent millions d'années (chiffre assez incertain) mais sera sans doute dispersé dans moins de trois cents millions d'années.

Le second amas bien visible à l'oeil nu est celui des HYADES, constituant le coeur de la constellation du Taureau, dessinant un grand V majuscule sous les Pléiades et dont l'étoile rouge ALDEBARAN constitue une extrémité (cette étoile ne fait d'ailleurs sans doute pas partie de l'amas, mais peu importe, pour la beauté de l'image, elle en fait partie)
http://www.lightandmatter.com/binosky/hy.html
L'écartement plus grand des étoiles des Hyades semble indiquer qu'il est plus proche que les Pléiades. Juste! Les Hyades se trouveraient à 130 années de lumière et les Pléiades à 440. Les Hyades, plus vieilles, auraient au moins 500 millions d'années.

Mon amas préféré, mais il faut un instrument grossissant vingt fois pour l'apprécier pleinement, est celui de LA CRÈCHE, cité ci-dessus (amas de Praesepe en latin) et porté sur la carte du ciel, contenant quelque deux cents étoiles. A noter : c'est notre cher Galilée qui le premier a résolu cette petite tache lumineuse en étoiles, fournissant la preuve que, contrairement à ce que pouvait affirmer dogmatiquement l'Église, les Anciens ne connaissaient pas toutes les étoiles et ne pouvaient donc pas parler de l'Univers de façon pertinente. L'amas de la Crèche est plus éloigné, son plus faible diamètre apparent en est la preuve : il est situé à quelque 600 années de lumière. Voici une photo magnifique de ce trésor :
http://antwrp.gsfc.nasa.gov/apod/ap980803.html

Pour terminer en apothéose ce long (trop long ?) voyage à travers notre monde, découvrons le magnifique AMAS DOUBLE DE PERSÉE, très bien situé dans le ciel en cette période de l'année, non loin de Cassiopée et de la galaxie d'Andromède que nous avons décrite le mois précédent
http://www.graal.univ-montp2.fr/lecieldumois0906.html
Voici une image de ce double-amas et de quoi le repérer

double amas de Persée
http://www.cidehom.com/apod.php?_date=051011
carte amas Persée

Il est assez facilement repérable comme deux taches floues situées entre la constellation de Cassiopée (notre fameux W majuscule) et celle de Persée, formée d'un groupe "anarchique" d'étoiles assez brillantes disposées en dessous de Cassiopée. Le mieux est d'utiliser des jumelles, fixées sur un pied : le spectacle est somptueux.
Le ciel est riche de merveilles.

Les amas de  Persée sont une référence excessivement importante dans l'estimation des propriétés des étoiles (âge, masse, distance, taille)  et donc des caractéristiques de l'Univers. C'est dire pour les astronomes l'intérêt de l'observation, de l'analyse de ces objets et de la détermination la plus exacte des quantités recherchées. (Dans la littérature, on les appelle souvent les amas "h et χ Persée", χ étant la lettre grecque [chi].)

En vrac, n'oubliez pas

  • de beaux passages de la station spatiale internationale
    http://www.heavens-above.com/
  • le passage à l'heure d'hiver dans la nuit du 28 au 29 (l'occasion pour moi, pardonnez-moi, de dénoncer l'inutilité, l'incommodité et l'absurdité de ce changement bi-annuel imposé par les autorités européennes)
  • des étoiles filantes tout le temps, et peut-être particulièrement autour du samedi 21 octobre avec le maximum des Orionides (donc surveiller plutôt l'est et le sud, en deuxième partie de nuit); à noter que les poussières donnant naissance aux Orionides ont été abandonnées dans l'espace il y a des millénaires par "dégazage" partiel de la fameuse comète de Halley.
  • le lever de la Lune quasi pleine le soir du vendredi 6 et déjà pleine le samedi 7 octobre.

Bonnes nuits d'automne sous les étoiles
Christian