Page d'accueil du site
de Christian Magnan

 
Le ciel du mois (par Christian Magnan)
 

LIENS


Page d'accueil du GRAAL


L'image astronomique du jour


Astronomy Picture of the Day


Le Soleil en direct de SOHO


Le Guide du Ciel


Ciel des Hommes


Images célestes


Le ciel au-dessus de nos têtes (en anglais)

aide à la connexion


Actualité de l'environnement Soleil-Terre (en anglais)


Sky and Telescope (en anglais)


ANPCNE : Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l'Environnement Nocturnes


Le ciel de décembre 2011

au jour le jour

le chiffre du mois

version imprimable du mois en cours   imprimante
Archives :

Le ciel de 2006 : | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre | décembre |
Le ciel de 2007 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre| décembre
Le ciel de 2008 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre | début décembre | décembre
Le ciel de 2009 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet| août| septembre | octobre | novembre | décembre
Le ciel de 2010 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin| juillet | août | septembre | octobre | novembre | décembre
Le ciel de 2011 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre

Peiresc
Nicolas de Peiresc
(1580-1637)

 

 

Bonjour à toutes, bonjour à tous !

 

Ami-e-s d’Alsace, ce bulletin mensuel vous est dédié! Le SAMEDI 10 DÉCEMBRE 2011 se produira une ÉCLIPSE TOTALE DE LUNE, qui ne sera visible en France que de façon très partielle (ce qui est vexant pour une totale!) au lever de la Lune, c’est-à-dire, Pleine Lune oblige, au moment du coucher du Soleil. Cependant vous les alsaciens êtes les mieux placés: vous aurez droit à une quarantaine de minutes d’observation de la Lune sortant de l’ombre tandis que les montpelliérains n’auront droit qu’à 4 minutes. Pourquoi cette différence?

Une éclipse de Lune se produit au même instant  pour tous les terriens puisque ces derniers sont témoins de l’entrée de la Lune dans le cône d’ombre de la Terre, un phénomène qui ne dépend que des positions respectives du Soleil, de la Terre et de la Lune, et pas de la position de l’observateur. C’est d’ailleurs cette simultanéité de l’éclipse qui a été exploitée par le fameux homme de lettres et de sciences et infatigable épistolier provençal Nicolas de Peiresc pour effectuer des mesures de longitude. A l’occasion de l’éclipse de Lune du 27 août 1635 il organise avec l’astronome Gassendi la première campagne d’observations astronomiques en envoyant autour de la Méditerranée des astronomes amateurs formés pour la circonstance. Les observations sont comparées, la différence d’heure locale donnant directement la différence en longitude (1 heure de temps correspond à 15 degrés de longitude). Peiresc s’aperçoit que la Méditerranée a mille kilomètres de moins en longueur que celle indiquée sur les cartes de Ptolémée. Ce résultat améliore la navigation et efface les anomalies qui l’affectaient.

L’éclipse de Lune du 10 décembre commence à 12h46 et se termine à 16h18 en temps universel (TU, l’heure de Greenwich). Ne verront l’éclipse, dans sa totalité ou en partie, que les terriens qui auront la Lune dans leur ciel dans ce créneau horaire. La Russie, l’Asie et l’Australie sont bien placées et pourront suivre toute l’éclipse, car dans ces régions la Lune sera déjà levée. Ce n’est pas le cas pour la France car lorsque la Lune apparaîtra elle sera en fin d’éclipse, en train de sortir ou déjà sortie de l’ombre. En heure légale française (TU+1) l’éclipse prend fin à 17h18. Or à Strasbourg la Lune se lèvera à 16h39, encore largement échancrée, profitez-en, et aura quarante minutes à sa disposition (!) pour retrouver sa rondeur. A Montpellier la Lune se lèvera à 17h14, quatre minutes seulement avant la fin du phénomène. Pour Nantes et Bordeaux c’est mort et les parisiens n’auront droit qu’à 18 minutes d’éclipse. Concrètement il faudra dans tous les cas choisir un site d’observation bien dégagé vers l’horizon est-nord-est et guetter l’apparition de la Lune. Et éventuellement se déplacer vers le nord-est de la France.

La nuit qui commence ainsi ne s’annonce pas triste car outre son lever nous allons profiter de la Pleine Lune la plus haute de l’année. On peut comprendre en effet qu’entre décembre et juin le Soleil à midi et la Pleine Lune à minuit (opposée au Soleil) échangent leur position apparente dans le ciel. A Perpignan la Lune monte à près de 70° de hauteur, autant dire presque au zénith (qui correspond à 90°). L’impression donnée par l’éclairage de ce lampadaire céleste en pleine nuit, sans dépense d’énergie terrestre, est fabuleuse. On comprend pourquoi les sorcières choisissent cette nuit pour faire la fête.

C’est le moment de dire que le JEUDI 22 DÉCEMBRE marquera le solstice de décembre, DÉBUT DE L’HIVER dans l’hémisphère nord car c’est le jour où l’axe de rotation de la Terre est incliné à l’opposé du Soleil, ce qui rabaisse cet astre sur l’horizon et lui fait atteindre sa hauteur minimale à midi. Le jour est aussi le plus court de l’année dans notre hémisphère. Mais à partir de ce solstice les jours vont commencer à rallonger, le Soleil se lèvera chaque jour un peu plus vers le Nord, et grimpera laborieusement dans le ciel à midi.

JUPITER reste la planète reine du ciel, dans des conditions d’observation toujours idéales. Admirez sans modération le ballet sans cesse renouvelé de ses quatre satellites et les motifs de ses bandes nuageuses aux teintes ocre, marron et beiges. Comme signalé le mois dernier, le plan dans lequel orbitent les satellites a la particularité en ce moment d’être passablement incliné par rapport à la Terre au point que le satellite le plus lointain, CALLISTO, peut passer au-dessus de la planète sans disparaître derrière cette dernière. C’est ce qui se produira le SAMEDI 3 à 3h31 et le LUNDI 19 à une heure plus commode, 19h10.  Une raison supplémentaire pour tourner une lunette vers la planète géante. Avec une magnitude de -3 son éclat reste spectaculaire, faisant d’elle l’astre de loin le plus brillant du ciel (une fois Vénus partie derrière l’horizon ouest). En comparaison l’étoile la plus brillante, Sirius, a une magnitude de -1,5. Retenez précieusement cette nuit du MARDI 6 au MERCREDI 7 DÉCEMBRE au cours de laquelle JUPITER et la LUNE GIBBEUSE navigueront de conserve dans le ciel, à environ 4° de distance angulaire mutuelle. C’est certainement l’un des spectacles les plus beaux du mois.

La planète VÉNUS fait son entrée somptueuse dans le ciel d’hiver. Dans les semaines à venir le redressement de l’écliptique (dont nous parlions le mois dernier) va propulser l’astre au nom de déesse de plus en plus haut dans le ciel. Avec une magnitude de -4 la planète nous éblouit de sa splendeur. L’autre spectacle vraiment magique des ciels d’hiver nous est donné dès les lendemains de Noël, le soir des LUNDI 26 et MARDI 27 avec la présence aux côtés de Vénus d’un fin CROISSANT DE LUNE empli de lumière cendrée. Par la palette de couleurs du soleil couchant et par le contraste entre les teintes douces de la lumière cendrée et l’éclat du croissant et de la planète, la scène est l’une des plus merveilleuses que toute personne puisse admirer sans souci à l’œil nu, et sans difficulté de repérage.

Plus délicate est l’observation de la planète MERCURE, dont ce bulletin signale l’apparition dans le ciel de loin en loin, et qui entame à partir du 10 décembre une belle période de visibilité le matin à l’aube, environ une heure avant le lever du Soleil au-dessus de l’horizon est-sud-est. Avec des jumelles (dont je me sers systématiquement pour Mercure) la détection est facile et j’aime toujours la beauté de la discrétion de la planète brûlée par le Soleil et la surprise de découvrir un bijou aussi brillant dans le ciel déjà clair et coloré de l’aurore. Vous vous y attendiez: la touche finale du spectacle sera donnée par le mince croissant de Lune du matin des JEUDI 22 et VENDREDI 23 DÉCEMBRE. Les plus attentifs pourront distinguer en outre la rouge Antarès, du Scorpion, tout près de l’horizon, à droite de Mercure.

La planète MARS continue d’augmenter d’éclat, préparant une période faste d’observation avec son opposition dans trois mois. Elle est parfaitement visible dans le Lion en deuxième partie de nuit et approche la magnitude zéro. Le SAMEDI 17 elle se trouvera près d’un GROS QUARTIER DE LUNE et lorsqu’elle franchira le méridien sud, elle dépassera en brillance la majorité des étoiles présentes.

Si Mars se lève en gros vers minuit, SATURNE le fait quelque trois heures plus tard et cette planète aux anneaux est à observer avant l’aube. Elle forme un magnifique duo avec l’étoile SPICA de la Vierge, les deux astres étant d’éclat comparable. C’est du LUNDI 19 au MERCREDI 21 que le CROISSANT LUNAIRE, s’amincissant d’un jour  à l’autre, croisera le couple Saturne-Spica, passant au plus près le mardi 20. À voir deux heures avant le lever du Soleil vers l’horizon sud-est.

À en juger par le résultat des annonces des mois passés, on peut dire que les étoiles filantes jouent les arlésiennes: attendues mais restant invisibles. Que nous réserveront les GÉMINIDES de ce mois de décembre? Les spécialistes nous conseillent de guetter ces étoiles filantes dans la nuit du MERCREDI 14 au JEUDI 15 dès le lever des Gémeaux en début de nuit. La présence de la Lune dans les parages est certes pénalisante, mais comme ces Géminides sont souvent éclatantes et relativement nombreuses, nous nous y collerons avec résolution en comptant sur la chance.

C’est autour des Gémeaux que nous pouvons réviser nos constellations d’hiver, déjà en situant les constellations du zodiaque du Bélier à la Vierge. Pour trouver le BÉLIER, rien de plus facile ce mois-ci : il suffit de pointer Jupiter. Non loin se trouvent les trois étoiles les plus brillantes de la modeste constellation, formant une sorte d’accent circonflexe aux branches inégales. Suit le TAUREAU avec ses PLÉIADES et l’amas des HYADES dessinant un V couché dont l’une des branches se termine par la rouge ALDÉBARAN. Nous arrivons donc ensuite aux Gémeaux CASTOR et POLLUX, couple bien reconnaissable dans le ciel (à ne pas confondre en ce moment avec le couple Saturne-Spica signalé plus loin, qui lui ressemble). La constellation du CANCER est peu remarquable mais contient le riche amas de la CRÈCHE. Suit la constellation du LION, qui se lève donc plus tard, abritant en ce moment la magnifique planète MARS, et enfin au matin celle de la VIERGE avec le duo Saturne-Spica. En revenant vers les Gémeaux on peut admirer sans modération vers le sud la grande constellation d’ORION, immédiatement reconnaissable par les trois étoiles d’éclat semblable alignées et équidistantes constituant le baudrier du chasseur mythique et se trouvant au centre d’un immense rectangle dont quatre étoiles brillantes marquent les sommets. L’étoile géante rouge BÉTELGEUSE occupe le sommet supérieur gauche et la magnifique géante bleue RIGEL, le sommet inférieur droit. Orion est sans conteste la constellation emblématique de l’hiver. Au-dessous se trouve SIRIUS de la constellation du Grand Chien, l’étoile la plus brillante du ciel à cause de sa proximité relative à moins d’une dizaine d’années de lumière, une étoile blanche de taille comparable à celle du Soleil mais de température de surface plus élevée à environ 10 mille degrés (contre 6 mille pour le Soleil). Enfin les observateurs attentifs que vous êtes me demanderez quelle est cette étoile brillante située entre Sirius et les Gémeaux, accompagnant le chasseur Orion: il s’agit de PROCYON de la constellation du Petit Chien, tout de même la septième des étoiles les plus brillantes du ciel. A côté du Grand Chien, le Petit Chien : la désignation des constellations est un modèle de cartésianisme.

LE CHIFFRE DU MOIS : 550 milliards d’années. C’est l’ordre de grandeur de la durée totale d’existence de l’Univers si on admet qu’il est correctement représenté par un modèle simplifié (dit modèle de Friedmann). Selon ce modèle il aurait environ 15 milliards d’âge, verrait son expansion se ralentir pendant encore 260 milliards d’années pour amorcer une contraction de 275 milliards d’années qui le conduirait sans espoir de retour au Big Crunch, le jour où tout craquera.

Bonnes nuits sous les étoiles
Christian

DÉCEMBRE 2011 AU JOUR LE JOUR
Toute la nuit : Jupiter en roi du ciel
Tous les soirs : Vénus royale à l’ouest
Samedi 3 : Callisto passe au-dessus du disque de Jupiter à 3h30 (petit instrument)
Nuit du mardi 6 au mercredi 7 : quelle est cette étoile à côté de la Lune ? Jupiter
Samedi 10 : fin de l’éclipse totale de Lune au lever de la Lune (en France) et nuit illuminée par la Pleine Lune
Du 10 à la fin du mois : Mercure le matin
Nuit du mercredi 14 au jeudi 15 : essaim d’étoiles filantes des Géminides
Samedi 17 à l’aube : conjonction entre Mars et la Lune
Lundi 19 : Callisto en conjonction supérieure à 19h10 (petit instrument)
Du mardi 20 au vendredi 23 : le croissant de Lune du matin
Mardi 20 au matin : magnifique rassemblement de Saturne, Spica et du croissant de Lune
Jeudi 22 : solstice de décembre, la nuit la plus longue dans l’hémisphère nord
Vendredi 23 à l’aube : le croissant lunaire à côté de Mercure, laquelle est à son plus grand éloignement apparent du Soleil
Samedi 24 : Nouvelle Lune
Du lundi 26 au jeudi 29 : le croissant de Lune du soir
Lundi 26 et mardi 27 : le croissant lunaire du soir passe d’un côté à l’autre de Vénus

   

Mes sources d'information