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Christian Magnan Collège de France, Paris Université de Montpellier II |
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| QUESTIONS D'UNITÉS |
Nous écrivons les angles en radians. Comme les latitudes et les longitudes sont exprimées d'ordinaire en degrés, il faudra faire les conversions nécessaires.
Pour passer des degrés au radians:
radians.
De même en utilisant les fonctions Arccos ou Arcsin, vérifier quelles sont les unités choisies par le calculateur.
Parfois même les longitudes sont données en heures, minutes et secondes. 24 heures correspondent à 360 degrés, donc 1 heure à 15 degrés.
| DISTANCE ORTHODROMIQUE ENTRE DEUX POINTS DE LA SURFACE TERRESTRE |
Nous nous proposons de calculer la distance à vol d'oiseau de deux points de la surface terrestre. Sur la sphère le chemin le plus court pour aller du point A au point B consiste à suivre le grand cercle passant par ces points. La plus courte distance de A à B, appelée distance orthodromique, est égale à la longueur de l'arc AB sur ce cercle. Un tel chemin représente aussi une géodésique sur la surface. Le principe de calcul est le suivant. Pour connaître l'arc AB il suffit de déterminer l'angle de sommet O (le centre de la Terre) sous-tendu par le segment AB. On commence par calculer la longueur du segment (rectiligne) AB. Puis le sinus de la moitié de l'angle AOB est égal au rapport de AB/2 au rayon de la sphère. On en déduit la valeur de l'angle cherché.
Considérons un repère orthonormé Oxyz. Soient
et
les coordonnées angulaires d'un point M sur la sphère.
est l'angle entre l'axe Oz et le rayon OM (c'est la colatitude de M; sa latitude est
),
est l'angle azimutal, c'est-à-dire l'angle polaire que fait la projection de OM sur le plan xOy avec l'axe Ox.
Les coordonnées cartésiennes des points A (point 1) et B (point 2) s'expriment en fonction des coordonnées polaires par les formules classiques (nous prenons le rayon de la sphère pour unité)
| (1) | |||
et
| (2) | |||
Le carré de la longueur du segment AB (c'est-à-dire du tunnel virtuel sous Terre) est
| (3) |
La distance rectiligne
h=AB/2 représente le sinus de la moitié de l'angle au centre AOB recherché (nous avons pris le rayon de la sphère comme unité de longueur). Autrement dit
| (4) |
| (5) |
Simplifions ces formules. Nous partons de
| (6) |
| (7) |
| (8) |
En inversant cette dernière formule nous obtenons
| (9) |
Par conséquent la distance orthodromique entre A et B est (en tenant compte de l'équation (5))
| (10) |
Sur Terre on repère un point par sa latitude et sa longitude. La latitude lat est le complément à
de la colatitude
,
c'est-à-dire que
.
En notant R le rayon terrestre (soit 6378 kilomètres, rayon équatorial moyen) et en notant long la différence de longitude
entre les deux points, nous écrirons la formule finale:
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| ANGLE ENTRE DEUX GÉODÉSIQUES |
Considérons maintenant une troisième ville C, de coordonnées sphériques angulaires
et
.
Amusons-nous à calculer l'angle entre la géodésique allant de B à A et celle allant de B à C, autrement dit l'angle curviligne ABC. Pour mener le calcul je reviens aux coordonnées sphériques initiales en utilisant la colatitude
et non pas la latitude lat.
Le premier pas consiste à trouver la tangente à une géodésique en un point. Occupons nous de trouver au point B la tangente à la géodésique BA. Cette tangente se trouve à la fois dans le plan OAB et dans le plan perpendiculaire à OB, ce qui suffit à la définir.
Notons (
)
les composantes de la tangente
recherchée. Comme elle est perpendiculaire au vecteur
de composantes
,
nous écrivons que le produit scalaire (
)
est nul, soit
| (11) |
Pour exprimer que
est dans le plan défini par
et
nous disons qu'il existe deux nombres
et
tels que
,
ce qui s'écrit à l'aide des composantes des vecteurs comme
| (12) | |||
En transportant ces valeurs dans l'équation (11) exprimant l'orthogonalité de
et de
,
nous trouvons que
et
doivent satisfaire à l'équation
| (13) |
(Je remercie bien sincèrement le lecteur attentif C.D. qui m'a signalé une erreur dans la version initiale de cette formule : j'avais malencontreusement interverti les "lambda" et les "mu")
Nous choisissons la solution
| (14) |
Il suffit de transporter ensuite ces valeurs dans les formules (12) pour obtenir les composantes cherchées du vecteur
tangent en B à la géodésique allant de B vers A.
En procédant de même avec les points B et C on trouvera les composantes de la tangente
en B à la géodésique menant de B à C comme
| (15) | |||
| (16) |
Pour terminer, l'angle entre les deux vecteurs
et
sera donné par son cosinus:
![]() |
(17) |
| DERNIÈRES REMARQUES |
On trouvera une illustration de ces formules dans une page consacrée à la courbure des univers et plus spécialement au concept de « platitude ».
Incidemment si vous voulez trouver la latitude et la longitude de n'importe quel endroit dans le monde allez sur le site fameux qui permet de vous donner les heures de passage des divers satellites au-dessus de votre tête. Sont répertoriées deux millions de localités dans le monde !
L'aspect plus « nautique » de la question du plus court chemin d'un point à un autre, question cruciale pour les navigateurs, est abordée par Giles Hainry. Il y définit notamment ce qu'est une route « loxodromique ».
Enfin, l'analyse de ce qu'est la courbure de l'Univers repose sur des formules analogues à celles présentées ici.
Pour fabriquer ce document, j'ai utilisé le traducteur LaTeX2HTML Version 98.1p1 (March 2nd, 1998)
Copyright © 1993, 1994, 1995, 1996, 1997, Nikos Drakos, Computer Based Learning Unit, University of Leeds.
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Dernière modification : 9 avril 2003